
Quand on habite les Pyrénées-Orientales ou le Pays basque français, un trajet d’une trentaine de minutes suffit pour remplir un coffre à prix réduits dans un supermarché Mercadona côté espagnol. L’enseigne, fondée en 1977, compte plus de 1 600 points de vente en Espagne et au Portugal, mais aucun en France. C’est précisément cette absence qui pousse des milliers de frontaliers à organiser leurs courses de l’autre côté de la frontière.
Marques propres Mercadona : ce qui justifie le détour depuis la France
Le premier réflexe en poussant un chariot chez Mercadona, c’est de repérer les rayons estampillés Hacendado (alimentaire) et Deliplús (cosmétiques et soins). Ces deux marques distributeur représentent une part dominante de l’offre en magasin, et c’est sur elles que l’écart de prix avec les enseignes françaises se creuse le plus.
Hacendado couvre un spectre large : huile d’olive, conserves, charcuterie ibérique, biscuits, sauces. La qualité est régulièrement comparée à celle de marques nationales espagnoles, pour un prix nettement inférieur. Côté Deliplús, on trouve des crèmes, shampoings et produits de maquillage qui ont acquis une réputation solide auprès des consommateurs espagnols.
Pour les frontaliers français, l’intérêt est double : des gammes introuvables dans l’Hexagone et des tarifs compétitifs, notamment sur l’huile d’olive, la lessive et les produits d’hygiène. On peut consulter un guide complet sur Mercadona à proximité de la France pour repérer les magasins les plus accessibles depuis la frontière.

Magasins Mercadona proches de la frontière française : trois axes routiers à connaître
Tous les Mercadona ne se valent pas quand on vient de France. L’accessibilité dépend du poste-frontière emprunté, et trois corridors se détachent nettement.
Corridor catalan : Figueres et La Jonquera
Depuis Perpignan, La Jonquera est le premier arrêt possible, à environ trente minutes par l’autoroute AP-7. Figueres, un peu plus au sud, dispose déjà d’un Mercadona et un second magasin doit ouvrir dans la zone commerciale de Vilatenim d’ici fin 2026, un projet estimé à plus de 10 millions d’euros selon la presse locale. Cette zone est déjà fréquentée par les Français pour le carburant et les courses alimentaires.
Corridor basque : Irun et alentours
Depuis Hendaye, on rejoint Irun en quelques minutes. La ville abrite plusieurs enseignes de grande distribution, dont Mercadona. C’est le point d’accès le plus direct pour les habitants de la côte basque française et du sud des Landes.
Le corridor portugais, encore méconnu
Mercadona accélère son implantation au Portugal (Vila Real, Beja, et bientôt l’Algarve). Pour les Français du Sud-Ouest qui descendent vers le Portugal, ces magasins portugais constituent un deuxième axe d’accès à l’enseigne, au-delà des classiques Irun et Figueres. Les retours varient sur ce point : le détour ne se justifie que si le trajet vers le Portugal est déjà prévu.
Douanes et quantités autorisées : les règles qui encadrent vos achats frontaliers
Remplir un coffre chez Mercadona, c’est une chose. Le ramener en France sans risque d’amende, c’est une autre affaire. Depuis un décret du 27 mars 2024, les quotas sur le tabac ramené d’Espagne ont été alignés sur les quantités de référence européennes. Voici les seuils actuels pour un voyageur majeur revenant d’un pays de l’UE :
- 800 cigarettes (soit 4 cartouches), contre une seule cartouche auparavant
- 400 cigarillos ou 200 cigares
- 1 kg de tabac à rouler
Pour l’alcool, les franchises intra-UE restent généreuses (plusieurs litres de vin, de bière et une quantité encadrée de spiritueux), mais les douanes françaises contrôlent régulièrement les retours aux postes-frontières. En cas de dépassement des quantités de référence, la charge de la preuve que les produits sont à usage personnel revient au voyageur. Les amendes peuvent être lourdes.
Cette évolution réglementaire change concrètement le calcul des frontaliers : combiner courses alimentaires chez Mercadona, plein de carburant et achat de tabac sur un même trajet est devenu plus avantageux qu’avant 2024. Mais il faut rester dans les clous.

Mercadona en France : pourquoi l’enseigne espagnole n’a pas encore franchi la frontière
Le modèle économique de Mercadona repose sur un contrôle très serré de sa chaîne logistique. L’enseigne privilégie des fournisseurs locaux (appelés « interproveedores ») et construit ses propres centres de distribution à proximité de ses magasins. Dupliquer cette infrastructure en France supposerait un investissement massif, sans garantie de retrouver les mêmes conditions tarifaires auprès des producteurs.
Par ailleurs, le marché français de la grande distribution est déjà dense, avec des acteurs comme Leclerc, Carrefour ou Lidl qui occupent le terrain du prix bas. L’enseigne espagnole n’a pour l’instant annoncé aucun projet d’implantation en France, malgré l’intérêt croissant des consommateurs français.
Ce qui se dessine, c’est plutôt un renforcement du maillage le long des frontières. Le nouveau Mercadona de Figueres-Vilatenim en est l’illustration : positionné à proximité immédiate de l’autoroute, il cible autant la clientèle locale que les frontaliers français.
Préparer une virée courses chez Mercadona : ce qu’on emporte et ce qu’on laisse
Quelques repères concrets pour que le trajet reste rentable :
- Prioriser les produits Hacendado et Deliplús, où l’écart de prix avec la France est le plus marqué (huile d’olive, conserves, produits d’hygiène)
- Vérifier les quantités autorisées de tabac et d’alcool avant le départ, pas au retour devant le douanier
- Privilégier les créneaux en semaine : les magasins proches de la frontière sont pris d’assaut le samedi matin par les Français
- Emporter des sacs réutilisables, Mercadona facture les sacs en caisse
Le carburant reste un argument complémentaire. Les stations-service espagnoles affichent des prix sensiblement plus bas que côté français, ce qui contribue à amortir le trajet.
L’attrait de Mercadona pour les frontaliers français ne repose pas sur un seul produit vedette, mais sur l’accumulation : des marques propres de qualité, des tarifs compétitifs sur les produits du quotidien, et un cadre réglementaire désormais plus souple pour ramener ses achats. Tant que l’enseigne n’ouvrira pas de ce côté des Pyrénées, la meilleure option reste de planifier ses virées en ciblant les magasins les mieux situés par rapport à son point de départ.